La santé en France

Champions de la longévité en Europe, les français sont mal classés pour ce qui est du bien vieillir sans incapacité.

D’année en année l’espérance de vie des français continue à s’allonger mais ce temps gagné correspond à des mois passés en mauvaise santé.

La France se trouve ainsi dans une situation paradoxale.

Alors qu’elle est la première en Europe pour l’espérance de vie des femmes qui atteint 85,3 ans en 2010, la France est mal classée lorsque l’on examine le bien vieillir.

Une enquête à grande échelle menée dans 27 pays de l’Union Européenne permet aujourd’hui de mesurer l’espérance de vie sans incapacité, c’est-à-dire sans limitation ressentie dans la vie quotidienne, le travail et les déplacements.

Ces résultats rendus public sont une incitation à une forte action pour reculer le plus tard possible l’âge d’entrée dans la dépendance.

Selon une enquête, 14,5 % des français seraient obèses et 31,9 % en surpoids.

En 12 ans, la part des obèses aurait progressée de 70 %, chaque tranche d’âge ayant pris en moyenne 3 kg. 5 millions de français seraient obèses

En France, l’espérance de vie sans incapacité était de 63,5 ans en 2010. Sur ce critère, notre pays se situe en dixième position en Europe, derrière Malte (71,6 ans)), la Suède, la Grèce ou la Bulgarie (où l’espérance de vie est pourtant parmi les plus courtes d’Europe).

Une Française peut donc espérer vivre 75% de sa vie sans incapacité, alors que cette proportion monte à 85% pour une Suédoise. La France fait partie des pays qui connaissent une expansion de l’incapacité, avec de plus en plus de personnes âgées dépendantes.

Les hommes, quant à eux, ont une espérance de vie de 78,2 ans en France en 2010, ce qui les place en huitième position en Europe, après la Suède et l’Espagne notamment. Leur longévité moyenne en bonne santé est de 61,9 ans (en baisse depuis 2008). Partout en Europe, les femmes vivent d’ailleurs plus longtemps que les hommes et passent une plus grande proportion de leur vie avec une incapacité.

La prévention des maladies cardio-vasculaires, la promotion de l’activité physique à la maturité et même à l’âge avancé, la qualité de l’alimentation et le maintien des activités sociales jouent un rôle majeur.

Les chercheurs mettent l’accent sur l’importance des politiques de santé publique et de prévention, pour améliorer la qualité de vie des personnes âgées.

Selon l’inspection générale des affaires sociales, le nombre de personnes dépendantes doublera d’ici à 2060 pour passer de 1,15 million de personnes à 2,3 millions.